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Retour sur mon 1er championnat de France K1

Ce weekend avait lieu le championnat de France K1 à Marseille où je combattais en - 65 kg. C'était une première participation après un peu plus d'1 an à me concentrer sur ce sport de pur pied/poing. J'y suis allée avec le MasterKick, club de kick de Christophe Dragole localisé en Agde. J'avais été m'entrainer quelques fois là bas mais c'est vrai que nous ne nous connaissions pas beaucoup. 
Nous sommes donc arrivés vendredi pour la pesée : 62,5 kg à la balance. Une première étape de franchie, et prête à en découdre le lendemain. 5 filles dans la catégorie. 

Samedi : la 1/2 finale 

Mais avant ce fut une journée très longue, obligés de venir à 9h le matin pour avoir les tableaux et les ordres de combat. Je combattais en n°55 (sur 70) soit un passage estimé à 19h. En n° 34 avait lieu le combat qui allait déterminer mon adversaire en 1/2 finale, nous nous sommes donc rendus vers 15h au gymnase après être retournés nous poser à l'hôtel, qui heureusement était à 10 minutes à pied. 

Une combattante venant de la boxe française avec un style bien à elle et une autre de la discipline. Au final, victoire de celle qui connaissait le sport et son format. 

Je fais donc ma 1/2 finale contre elle, la stratégie était simple : travailler dans l'axe en poing, sortir en jambe arrière ou avant en low kick ou middle kick, me déplacer et travailler la remise après blocage sur ses low kick. Mon coach a construit une stratégie en restant sur du simple et cela a payé. J'ai réussi à m'adapter et j'ai gagné. 
Très satisfaite de ce 1er combat amateur exceptionnellement en 2x2 minutes, au lieu d'un 3x2 minutes.

Je me suis sentie bien pendant le combat, physiquement cela allait aussi et j'entendais bien les consignes de mon coach, j'ai essayé de les respecter un maximum. Pour autant, j'ai pris un très mauvais coup au tibia droit, sur un low kick que mon adversaire a dû bloquer avec son genou. Entre nous et après coup, je suis bien contente que l'on ait été un 2x2 minutes car j'avais vraiment mal au tibia ! 

KickBoxing
Photo d'après combat avec Christelle Bardot et
ses coachs de l'Académie des boxes de Villejuif
Rentrée à l'hôtel il était temps de soigner ce tibia pour pouvoir combattre sur la finale le lendemain matin. Ce ne fut pas une partie de plaisir. Chris y a été avec les 2 pouces à appuyer sur l'hématome pour le faire sortir, j'avais la jambe en l'air et l'idée était de faire partir le sang vers le coeur. Sans cette manipulation, je n'aurai certainement pas pu combattre le lendemain. Par dessus ça, du froid et pour la nuit un cataplasme : de l'arnica gel sur la zone touchée, des compresses ouvertes imbibées d'alcool (là il a fallu trouver l'alcool mais grâce à une gentille serveuse, on a eu un fond de vodka et j'ai rajouté un peu de rhum blanc un peu plus tard dans la nuit en allant quémander à la Courtepaille de l'hôtel ibis d'à coté)
Une nuit malgré tout mouvementée avec un tibia qui n'était pas avec moi et un réveil entre 2h et 4h du matin a finir par mouiller un serviette de bain pour entourer le tibia, afin de calmer la douleur !!

Dimanche : Place à la finale 

J'étais le 11 ème combat de la matinée, cette fois ci en 3x2 minutes. Je combattais contre la championne de France low kick 2017 (sans les genoux), qui a été en équipe de France et participé à au moins un championnat international. 
Un handicap pour moi avec l'impossibilité d'utiliser ma jambe arrière (la droite) dans le combat.
Là aussi Chris a trouvé une stratégie pour contrer la boxe de mon adversaire du jour et en plus sans la jambe. L'idée était de travailler dans l'axe en poing et d'enchainer avec un travail de ma jambe avant sur sa jambe avant pour la déstabiliser au niveau de ses appuis et ainsi désamorcer sa boxe (car bon niveau en boxe anglaise), puis de ne pas hésiter à utiliser ma jambe avant en front kick (coup de pied dans l'axe) pour stopper son avancée. 
J'ai tenu la stratégie pendant 2 rounds et 1 minutes et puis je me suis écroulée physiquement. Une sensation d'être complètement dans le dur, le coach qui me disait de continuer à travailler mais j'y arrivais plus. J'entendais mais mon cerveau ne donnait plus les ordres à mes muscles, plus de capacité a relancer, plus bcp de systèmes de défense et des points repris par mon adversaire, qui était plus fraiche que moi !! 
On avait trouvé la bonne stratégie mais cela n'a pas suffi et j'ai laissé à mon adversaire la victoire. 

Beaucoup de regrets et de déception dans la foulée car je tenais la victoire. Mais la logique a été respectée et c'est certainement un mal pour un bien d'avoir perdu. Le recul se prend plus facilement et rapidement et je suis encore plus motivée pour progresser et me faire un cardio de fou, à développer des techniques plus propres,  à mieux transférer ma force sur les frappes et ainsi gagner en puissance, a toujours mieux gérer un combat, tout en gardant un zest de folie et d'originalité dans ma boxe. Car n'oublions pas je viens du Kung Fu !! 

Toujours du travail, keep working comme on dit ! Vivement le prochain programme de prépa !! Mais d'abord place à
la récupération des coups et de mon tibia !!

K1, Sports de combat

Remerciements 

Le Masterkick d'Agde et son président et coach Christophe Dragole

Mes partenaires d'entrainement : David, Yohann, David, Damien, Romain, Mohammed, Zach ... pour ne citer qu'eux 
Mes profs, mon préparateur, ma kiné, mon ostéo.
Mon chéri (qui prend son rôle de nutritionniste très à coeur et qui supporte mes sauts d'humeur et mon stress), ma mère (soutien sans limite depuis le début même si elle a interdiction de venir me voir en combat car après elle met 3 semaines à s'en remettre), mon beau père, mon père, mes beaux parents (promis Jean Luc, un jour je ferai des uppercuts en sortie de corps à corps)
Les copines du boulot qui me supporte tous les jours
Les amis qui ont toujours cru en moi et se reconnaitront.

Retour sur mon 1er combat sur Ring

L'affiche du combat pour la promo pré évent !
Le samedi 11 juin dernier, je participais à un gala "le TEKB Agde". J'ai donc fait mon premier combat sur ring dans les règles du Kick Boxing (Coups de pieds, Poings sans genoux, coudes, projections, amenées au sol ou encore coups de poing retournés).



Ce combat avait pour moi plusieurs objectifs :
- la découverte tout d'abord  : nouveau sport, nouvelles règles, nouvelle surface de combat
- voir ci cela pouvait me plaire
- participer à un gala dans sa totalité : avant, pendant et après
- essayer de montrer un beau visage pendant le combat en présence de personnes pouvant être importantes pour la suite

J'ai combattu contre une nana de Sète, Clara Ascensio, 8 combats à son actif pour 8 victoires et 10 ans de moins que moi !
Un bon test match comme on dit.

Le combat se déroulait en 3 rounds de 2 minutes, relativement habituel, faisant du Sanda depuis plusieurs années et étant sur minimum 2 round de 2 minutes sur toutes les compétitions que j'ai pu faire.
LES grandes différences : aucune protections de type plastron ou casque, pas de projection et de saisies de jambes.

Comment s'est déroulé l'évènement ? 
Il y avait déjà la pesée officielle la veille, devant les caméras et les objectifs d'appareil photo. Je devais être en dessous de 66 kg. Pesée à 64,9 contre 66,2 pour mon adversaire du moment, j'étais large ! Des photos pendant que j'étais sur la balance, puis ensuite des photos en mode duel ! Pas dans mes habitudes, mais il est assez facile de rentrer dans le jeu.
Le samedi soir avait lieu le gala, nous avions rendez vous 1h30 avant le début officiel (soit 19h30) de la soirée pour les contrôles médicaux, la découverte de mon vestiaire (partagé avec d'autres combattants), enfin un truc super professionnel, que je n'avais pas connu jusqu'ici.

Photo officielle de la pesée


Le samedi soir
Je devais être le 5ème combat de la soirée, juste avant l'entracte, dans les combats de promotion comme on appelle ça. Forfait de dernière minute et absence non prévue, je me suis retrouvée toujours en 5ème combat mais après l'entracte ! Ce qui voulait dire, filmée par canal +, passer par le podium avant de rentrer sur le ring. Toujours sympa même si ce n'est pas prévu et que je n'avais pas une bonne sic d'entrée (un jour je l'espère!)

Le ring du soir !
On commence donc le réveil musculaire vers 20h00, trop tôt cela n'aurait servit à rien. 10 min tranquille de footing, échauffement articulaire histoire de se mettre petit à petit dans le combat.
On avait calculé avec mes coaches de toujours  (Guillaume et Yohann) que je passerai entre 21h30 et 22h. Et là l'attente est longue ! Car cela ne sert pas à grand chose de chauffer 10 ans avant, donc il faut prendre son mal en patience et gérer le stress qui monte petit à petit.

Certains fonctionnent en solo, a rester dans les vestiaires avec les écouteurs sur les oreilles, à se faire masser à l'huile canfrée (qui daube entre nous et pique les yeux), d'autres sont allongés et attendent leur heure et moi j'ai besoin de rester active et surtout ne pas être seule, je peux pas car ça me stresse plus qu'autre chose. Guillaume était toujours à mes côtés de 20h a quelques minutes avant mon combat, Yohann gérait la logistique et restait plus éloigné et ça a très bien marché.

21h on rentre dans le vif du sujet au niveau de la chauffe, on fait monter le coeur, on répète les stratégies de début de combat et certains exercices sur Paos (cibles) pour se donner de l'énergie et transpirer un peu ! ça dure 20/30 mn et on arrête puis on reprend et ainsi de suite. Taper à longueur de temps sur des paos ne sert pas à grand chose je pense, à part peut être se fatiguer, plus qu'il n'en faut avant, s'étirer non plus ou en étirement actif, donc en mouvement.

Concentrée à écouter les dernières consignes arbitrales
Puis c'est mon heure, on m'appelle pour venir derrière le rideau, ce n'était pas prévu, on me dit d'attendre que le morceau se finisse (groupe de musiciens) mais cela traîne, les musicos en font un 2ème non prévu et j'attends immobile et perd une partie de ce que j'ai fait à la chauffe. Tant pis c'est comme ça, la prochaine fois, on fera mieux.
Arrivée sur le ring, impressionnant je peux le dire après coup mais pas déstabilisant. L'arbitre central nous appelle, nous redonne les règles principales et nous renvoie dans notre coin respectif (le bleu pour moi ce soir là). Puis le "fight" et c'est parti !

Je ne rentre pas bien dans mon 1er round, mon adversaire à une très bonne boxe anglaise, elle m'attends, remise a chacune de mes frappes, avec précision et force. J'en prends (beaucoup) trop. J'essaie de suivre les consignes, de bien bouger, d'attaquer sur plusieurs mouvements mais j'ai du mal. J'encaisse et je continue. 2mn sont déjà passées. Je sais en arrivant à la pause, que j'ai perdu le round mais je ne me démotive pas, nouvelle stratégie puis alerte sur ma garde qui tombe à chacun de mes coups de pieds.

2ème round : je suis mieux, je me fais moins toucher, mais pour autant quand je touche je suis moins précise et c'est moins marquant pour les juges. Je me fais avertir verbalement une première fois pour coup interdit. Je continue, je prends toutes les initiatives, mais pour autant elle  a de l'avance, toujours même stratégie, elle est dans son jeu, dans sa boxe, remise précis mais la fatigue aidant, moins fortement et moins régulièrement. Je continue mon petit bonhomme de chemin : low kick, coup de poings, front kick (au niveau des abdos), je tente mon coup de pied retourné (que j'adore) sans succès malheureusement et c'est fini, 2 minutes encore sont passées.
Je retourne dans mon coin, je sais pas trop si j'ai gagné ou perdu (a posteriori au visionnage de ma vidéo, je perds le round mais pendant le combat je voyais cela plus serré).

3ème round : j'ai pris des coups, mais je suis toujours là et mon physique aussi. Je le sens, je prends l'ascendant physique sur mon adversaire, mais elle doit savoir qu'elle a de l'avance, pourtant elle finit plusieurs fois contre les cordes, mais je n'arrive pas à finaliser, à placer une frappe lourde qui fait mal. Je manque aussi de lucidité mais j'avance toujours, et je prends les initiatives. Mes frappes sont brouillons, mes attaques pas vraiment construites, beaucoup ne touchent pas ou pas suffisamment. Mes low kicks, qui auraient dû faire mal aux cuisses n'auront jamais été assez forts. Problème de distance ou de liaison avec d'autres attaques peut être.
Le combat se termine et je sais que je gagne le 3ème round. Un 4ème m'aurait certainement permis de finaliser car elle était cramée de chez cramée mais ça ne l'a pas fait. Je perds mon combat par décision unanime des juges. Pas surprise non plus contrairement à mon camps, mes copains venus m'encourager, mes coaches et même les soutiens de mon adversaire (dans le public a coté de mes soutiens).

J'ai frappé le plus (27 coups de poings sur 58 réussis, contre 19 sur 44 - 39 coups de pied tout niveau sur 48 contre 11 sur 17), j'ai pris plus d'initiatives (43 prises d'initiatives contre 28) mais cela n'a pas suffit : trop brouillon, pas assez précise en poings, pas assez puissante en jambes, peu de liaisons dans mes attaques un peu désordonnées, pas capable de coups lourds sur des moments clés du combat, un avertissement officiel pour coup interdit qui n'a peut être pas aidé non plus. Beaucoup de travail à venir mais pas de regret.

Aujourd'hui je ferai certainement différemment, mais il faut que je prenne de nouvelles habitudes,  de nouveaux repères. Je ne suis plus en Sanda et je n'ai plus les projections, qui étaient mon poing fort. Il va falloir me retrouver un botte secrète. Je sais que je peux le faire, je m'entraîne comme il faut, je suis suivie correctement, j'ai des programmes physiques adaptés et le soutien de ma famille, mon chéri et mes amis.

GROS points forts du combat :
- mon physique, je pouvais faire un 4ème round, certainement plus aisément que mon adversaire du soir.
- mes déplacements
- mon mental
- mes prises d'initiatives

Points Faibles
- ma garde
- ma précision
- ma puissance

J'espère avoir l'occasion de prendre ma revanche l'an prochain et d'ici là de refaire des combats en ring pour progresser et effacer petit à petit les imperfections.
Comme on dit "Rome ne s'est pas faites en un jour" !!

Mes coaches 
Photo officielles avec coupes !

















Remerciements à mes sponsors : MetalBoxe (équipements), best-guards (protège dent), mon club L'école Shaolin Tao, mon préparateur et coach Yohann Kopp, mon autre coach Guillaume Ascione, mon entraineur Pierre Yves Roquefère, qui a toujours et croit toujours en moi, mon chéri (qui me supporte le plus), mes amis du club bien entendu mais aussi les autres, mes parents toujours là, ma mère en particuliers, qui est venue me voir mais qui ne reviendra certainement pas tellement elle a eu peur, mes collègues de boulot, qui croient aussi en moi et me supportent tous les jours ou presque !! 

Jour J : les détections en MMA amateurs

Une nuit pas mauvaise du tout pour une veille de sélection.
L’enjeu n’était certes pas une finale de championnat d’Europe ou du Monde, mais c’était quand même important pour moi.
Je n’ai commencé le sol qu’il y 4 mois, j’ai décidé d’aller dans du MMA il n’y a que 6 mois ! Alors participer aux détections en vue de l’équipe de France amateur avec championnat du Monde à la clé était un passage important pour faire un point et pour me tester. 

Malheureusement y a eu cette blessure à la main, donc je n’étais pas à 100% mais malgré tout je m’en suis bien sortie, en serrant un peu les dents !!

Comment s’est donc passée ma journée ?

8h40, enfin ça c’était le réveil, c’était plutôt 7h puis on tourne ensuite dans le lit pour essayer de s’endormir, on se fait la future journée dans tous les sens, on stresse un peu, enfin rien d’anormal !! L’expérience de diverses compétitions m’a aidé au fil de l’eau  à transformer ce stress en énergie positive, heureusement. 

9h, petit déjeuner, peu mangé car j’avais oublié ma balance, donc je ne connaissais pas mon poids et que je n’avais pas super faim !
Je remonte dans la chambre, je range ma valise et me pose devant les dessins animés de France 4 : Avengers, Batman ! Pas prise de tête et puis j’aime bien me mettre dans la peau d’un super héros !! 

10h40, il est temps de descendre payer le petit dej et partir pour la salle. 
Un peu de marche sous la pluie fine de Paris !! Enfin, on se serait plutôt cru en Bretagne !!

Arrivée un peu avant 11h à la salle, j’apprends qu’on va attendre un peu pour la pesée. Pas grave, je retrouve un ancien de l’équipe de France de Wushu, en Taolus. Cela faisait plaisir de le retrouver et d’avoir une tête connue parmi les nombreux présents. Étant donné qu’il avait déjà participé aux sélections l’an dernier, il me rassure un peu.

Puis arrive l’heure de la pesée, un peu stressée quand même puis je me pèse et résultat a 65,2 kg, 600 grammes en dessous de la catégorie officielle. Pas de surprise quand il y a une bonne préparation en amont (dédicace à mon préparateur Yoh et à mon coach Pierre Yves)

Je retourne alors dans mon petit resto de la veille «La villa des Abasses» dans le 18ème. Ils avaient été aux petits soins avec moi, avec un menu à la carte et des glaçons en stock pour la nuit !
Coup de fil de mon coach pour peaufiner la stratégie puis plat de pâtes.

13h30, let’s go.
Arrivée au Montana Fitness Club, j’apprends alors qu’on commencera vers 14h45, 1h devant nous, large !!

Chauffe classique  : Footing, échauffement articulaire, échauffement spécifique, un peu de frappes sur sac, en évitant quand même la main droite !! Puis un peu de sol avec mon partenaire du Wushu.
C’est parti, on nous présente le déroulement des 2h à venir.

On commence par un 1er round de 3 min en lutte et sol (direct le truc où je suis le moins à l’aise). Je tombe contre une jeune de 18 ans (Clara Ricgnuolo) qui a fait sport études en judo, autant vous dire que je me suis fait projetée, soumettre, mais que je me suis battue avec mes armes. J’ai réussi à contrer certaines de ses projections sans arriver à finaliser pour autant. 

Passe ensuite les autres du groupe, 10 min peut être de récupération à chaque fois, puis on repart sur le même type de round. Je tombe cette fois contre une kickeuse (Elsa Hemat), le match est un peu plus équilibré, mais je me fais quand même soumettre. Je n’étais pas loin d’une clé de bras ou d’un étranglement avant, mais pas assez de techniques pour finaliser malheureusement.

A nouveau, 10 min de pause, la main fait mal, je sens les battements cardiaques dedans, mais la prochaine étape sera 2 rounds sur les règles du Sanda. Les gants de boxes, les protèges tibia-pied, dans mon élément !! 

Je combat à nouveau contre la judokate, là ce n’est pas la même, les forces sont inversées. Je bouge bien, je touche beaucoup, j’en prend peu, je fais tomber, elle me fait tomber aussi. J’étais à l’aise dans mes déplacements, j’ai même tapé une ou deux fois avec la main droite !! 
Puis pause et nouveau round de 3 min, là je tombe sur une nana en - 70 kg, niveau pied poing pas au top. J’y suis allée tranquille car il y avait une différence de niveau et que le but n’était pas de démonter la nana en face. Les sélectionneurs nous l’avait bien précisé. 

Nouvelle pause et on entame la dernière partie. 2x2 min avec une qui commence sur le dos l’autre à genou dans la garde et avec comme point de départ du ground and pound (frappes non appuyées au sol en poings uniquement et avec gants de boxe) et après ben on se débrouille, on essaie de prendre le dessus. 

Je tombe à nouveau sur la jeune judokate, au bout d’1 minute peut être un peu plus, on me fait changer de partenaire et je tombe sur la combattante en - 70kg et là c’était bizarre. Fallait pas que je frappe au niveau de la poitrine car elle n’a pas de coquille ... Non mais tu as vu ça ou, tu viens pour des détections en sport de contact sans protections et surtout tu ne préviens la partenaire qu’après coup. Donc imaginez du ground and pound sans taper la poitrine c’est un peu plus compliqué. Je travaille comme je peux pour en prendre le moins possible.

Cela se termine là-dessus, il était temps pour ma main car elle commençait vraiment à me faire sentir que je lui en demandais beaucoup ! Mais grâce AU strapping de warrior, si cela avait été un combat en compet, j’aurais tenu !! Je suis fière de moi. Je n’avais jamais combattu avec blessure et j’ai réussi à gérer la douleur, OUF ! Je serai éternellement reconnaissante au Docteur Teissier, qui m’a permis de pouvoir combattre sans trop souffrir, ni empirer la blessure.

Fin de la détection, les sélectionneurs nous appellent, nous demandent de nous mettre dos à eux car on avait un numéro (le 54 pour moi), ils discutent puis nous disent c’est bon vous pouvez y aller. Et voila ça s’arrête là. 

Je salue mes partenaires du jour et direction mon petit restaurant habituel. Je retrouve Karima, la serveuse au top, mes glaçons (y en a besoin !!) et me prends un Mojito, bien mérité.
Coup de fil au coach pour débriefer, à mon ami Fabio, qui m’a bien rassurée vendredi quand j’étais la tête dans le guidon, textos aux copines, statut sur la page facebook et je savoure mon cocktail, les petites olives et les cacahuètes !

18h15, direction la gare de Lyon. Mon weekend parisien est fini ! 
Je suis satisfaite, contente et fière de moi.

22h45, arrivée à Montpellier. J’apprendrais ensuite par la page facebook officielle de la CFMMA, que je ne suis pas dans les sélectionnées 2016. 
Je ne sais pas encore pourquoi, mais je pense que c'est parce que mon niveau au sol était insuffisant.
Je vais continuer à m'entrainer pour et on tentera à nouveau en 2017 ! 

Mais ce n'est, au final, peut être pas ça le plus important aujourd'hui. 



Remerciements tout particulier à mon chéri, ma mère (toujours à fond dans ses commentaires facebook), mes copines (toujours les 1ères à me suivre et me soutenir), mes copains et partenaires d'entrainement du club Shaolin Tao, mes partenaires de la salle Arte Suave, Fabio, Pierre-Yves mon coach, Yohann,mon préparateur physique et le Docteur Philippe Teissier (un vrai professionnel sans qui je n'aurai certainement pas vécu de la même façon ces sélectifs sous blessure !)









J-2 et J-1 avant les sélectifs MMA amateur : journées épiques ...

Jeudi devait être un dernier entraînement classique avant une échéance et il a fallu que je me blesse à la même main que l'an passé ... J'avais les mitaines de MMA et la bande dessous, mais j'ai tapé sur une cible dure, et ayant certainement une fragilité a cette main, ça n'a pas loupé.
Vous imaginez mon état en rentrant, en larmes, en colère et inquiète. Heureusement le chéri était là.

Vendredi aura été une journée horrible, la pire à ma connaissance en terme de stress et d'urgence a gérer dans mon parcours sportif.
Mais je m'en suis sortie mais je souhaite en parler ici. LE PARCOURS DU COMBATTANT !!

8h debout, j'appelle le cabinet du médecin du sport qui me suit, il me rappelle a 8h30 et j'ai rdv a 10h.
Il manipule la main, il craint une fracture (j'y croyais pas vraiment car les symptômes que j'ai ressemblaient beaucoup trop à l'an passé), mais si jamais il y en avait une, c'était hors de question de faire les détections.
14h, rendez vous à la radio en urgence, résultats négatifs. Le radiologue n'a même pas voulu me voir car pas de lésions.
Je rappelle donc le médecin du sport, n'ayant aucun diagnostic. Ne pas savoir est juste quelque chose de pire que tout ! Tu as mal mais tu ne sais pas pourquoi !!
Quand j'ai le doc du sport au téléphone, je n'en apprends pas plus. Il me dit, on fait comme convenu, vous prenez les anti inflammatoires oraux, mettez les patch la nuit (j'apprendrais après coup, que c'était pas forcément une super idée de faire les 2 car ça fait double effet ...), vous strappez et vous y allez. Vous aurez mal de toute façon.
Je rentre à la maison dépitée.

Je dois décider de partir ou pas, mais je ne suis pas sure du risque derrière car aucun diagnostic. Alors mon prof m'avait dit, le plus important c'est traiter l'urgence, on verra ensuite, mais j'arrive pas à être complètement sure de ce que je dois faire.

Je cogite et me dit si j'appelais le cabinet du docteur qui m'avait diagnostiqué l'entorse l'an passé en insistant sur l'urgence et ma situation, j'arriverai peut être à avoir un rendez vous.
1ère tentative, à Monsieur Gaudin n'est pas là, appelez la clinique Saint Jean il consulte là bas. J'appelle la clinique, et on me dit trop tard il n'est plus là.
Rien ne se passe comme je veux. Je rappelle le cabinet, je sais qu'il y un certain Philippe Teissier, chirurgien de l'épaule, spécialiste des membres supérieurs et je décide tenter le tout pour le tout. Je tombe sur son assistante, j'explique ma situation, au téléphone je n'étais pas bien, elle me dit attendez et puis un pouvez vous venir a 16h45. Je lui dit que je suis dispo même si elle m'avait dit pour dans 1/4 d'heure, que je n'ai pas trop le choix car je dois partir le lendemain et sans diagnostic validé, je ne peux pas me décider. Adorable la secrétaire, Morgane de son prénom.

J'arrive au cabinet, je discute avec elle qui me dit, alors il y a 3 personnes avant vous, ne vous inquiétez pas, Monsieur Teissier saura vous diagnostiquer ce que vous avez.

17h40, je passe enfin, lui ré-explique mon parcours, très à l'écoute, il me fait des manip. Au fond de moi, j'avais l'intuition que j'avais cette fameuse entorse carpo-métacarpienne de 2015, j'oriente donc mes questions dans ce sens et il fait enfin la manip qui me fait faire un bond !! Et voila diagnostic, entorse mais il regarde à nouveau ma radio et il est pris d'un gros doute sur la possibilité d'une fracture. Il me dit j'aimerai qu'on fasse un scan. Laissez moi appeler Monsieur Gaudin, qui est peut être à la clinique saint jean, je savais que non mais je le laisse faire. Son collègue n'étant plus à la clinique, il demande à sa secrétaire d'appeler la clinique direct et me fait patienter, il prend mon numéro de portable pour me  joindre si je ne peux avoir un scan que le lendemain matin soit samedi.
Il passe un patient, pendant ce temps là sa secrétaire fait du forcing mais la secrétaire de la clinique saint jean ne veut pas transmettre le téléphone au radiologue Monsieur Blanc, car il doit partir.

Alors là et moment mythique, Monsieur Teissier prend le téléphone.
"Si on vous appelle, c'est que c'est une vraie urgence, une sportive qui a une sélection NATIONALE, c'est pas une mamie , un papy ou je ne sais quoi, elle est sportive de haut niveau, c'est son métier. Pouvez vous me passer le radiologue pour qu'on prenne un rendez vous ?" Il n'arrive pas à l'avoir mais son forcing va marcher !! Il me dit "rentrez chez vous et je vous tiens au courant, j'ai votre numéro, au pire ça sera demain 9h".

Je repars et puis 15 min après, Morgane sa secrétaire me rappelle et me dit faites demi tour allez de suie à la clinique saint jean, on vous y attend !!

il est 18h15/30 facile, j'arrive à la clinique pour le scan. Je vois ensuite ce fameux radiologue, et c'est confirmé aucun trait de fracture. Je retourne au cabinet pour essayer de voir Monsieur Teissier, afin d'aviser de la suite. J'arrive 19h20, sa secrétaire me demande s'il m'a appelé car il me cherche et est reparti à la clinique. On s'est croisé !!! Je patiente, elle essaie de l'appeler pour que je lui parle.
19h40 on y arrive enfin, mais son portable lâche car plus de batterie, alors là elle me donne son numéro de portable direct et je l'appelle.
On discute bien au téléphone, il est très rassurant, et me demande de venir demain samedi a 11h à la clinique, que je l'appelle en arrivant pour qu'il me fasse un strap de fou furieux !!

20h15 je suis enfin chez moi, épuisée psychologiquement parlant mais maintenant je sais ce que j'ai, je sais qu'avec un strapping adapté, je limiterai les risques d'empirer la blessure et que je peux donc me présenter aux sélections dimanche, diminuée, en sachant que je vais avoir mal mais j'y serai !!!

Mais je suis contente, je suis tombée sur un médecin au top, qui a tout fait pour qu'on sache ce qu'il y a ! Je lui suis à jamais reconnaissante de son aide et de sa prise en charge.

Le lendemain samedi, après avoir fait ma valise en rentrant la veille, je me rends donc à la clinique, je revois Monsieur Teissier comme convenu, qui me dit qu'une infiltration dans le cadre d'une entorse ne sert a rien, car c'est un mouvement de bascule de ma main qui est responsable de ma douleur. Un seul et unique ligament qui est là pour compenser l'impact que peut avoir un coup de poing sur mon métacarpe, mais qui là est touché et donc ne peut remplir son rôle. Le strap est donc là pour limiter cet impact de part la façon dont il est mis.

Il me demande de le tenir au courant dimanche, me donne un anti inflammatoire plus fort au cas ou pour l'après détection, me conseille du froid du froid et encore du froid, m'explique à quel moment prendre les anti inflammatoires dans le weekend. Enfin toujours dans la même lignée que la veille !

Ce soir, samedi, je peux dire que je suis contente d'être à Paris. Je sais que je vais souffrir demain, mais je serrerai les dents. Une sélection en équipe de France de MMA vaut vraiment la chandelle.

The strap !


Nouveaux Challenges

Comme je le disais dans mon article de mercredi 27, j'ai décidé cette année de partir sur du MMA (Mix Martial Arts).

Coups autorisés : coups de poing, de pieds, de genoux, de coudes, saisies de jambes, projections comme en lutte/judo, frappes aux sols, soumissions par clés (de bras, genoux, chevilles, talons ....) et KO recherché.
Surface de combat : un octogone (vous avez tous déjà entendu parler une fois de l'UFC, sinon je vous invite à faire une petite recherche google).
Durée des combats : 2 ou 3x5 min.
Équipements : protège dent, coquilles, mitaines avec doigts libres pour pouvoir travailler au sol, short, brassière.

Pourquoi ?
Car pour moi, c'est la continuité du Sanda, qui va jusqu'à la projection et c'est vraiment la discipline la plus complète, qui demande à la fois d'être très bon debout mais aussi de bien (plus que bien même) se débrouiller au sol et maîtriser les techniques de lutte.

Pourquoi Maintenant ?
Car c'était le moment ! J'avais besoin d'un nouveau challenge. Ne connaissant vraiment pas le sol, je pars de loin et ça me motive !

Est ce que j'arrête le Sanda ? 
Non pas totalement, je suis encore listée haut niveau, donc si je suis appelée en collectif France, je me présenterai très certainement. Par contre, je privilégie le format Gala (si opportunités). Peut être mai en Angleterre, fin d'année en France. Mais vraiment rien de sur. Et je ne me présenterai pas aux championnats région cette année, car je fixe mes objectifs ailleurs.

Où sont alors ces objectifs ? 
Sur les sélectifs de l'équipe de France de MMA amateur en vue des championnats du Monde en juillet 2016. Ces sélectifs ont lieu ce dimanche 31 sur Paris. Et je me prépare pour ça depuis septembre.
Ensuite, si je peux faire un combat ou 2 en Pancrace (version light du MMA sans les frappes au sol, et sur ring, car le MMA n'est pas autorisé  en France), je serais totalement partante (peut être le 100% fight, organisation très reconnue en France et qui laisse la chance à de nouvelles arrivantes!)

Quelle préparation ? 
Il a fallu d'abord perdre du poids, car je descend d'une catégorie (-66 kg) puis ensuite me stabiliser.
Cela est donc passé par un ré équilibrage de mon alimentation : bon petit dej le matin (sans pain, ni jus de fruit),  repas du midi costaud sans grosses restrictions, mais repas du soir très équilibré (légumes, poisson, viande blanche, pas de féculents), pas de grignotages entre les repas ou des pommes et très peu d'alcool. Pas de régime spécifique à me priver, une semaine de ski en décembre qui m'a permis de perdre 1 kilo, sans effort et une bonne gestion de ma faim.
En parallèle, j'ai bien entendu suivi un programme de préparation physique adapté, toujours sur le même modèle, en début de planification gros entraînements physiques (muscu et cardio), puis a l'approche de l'échéance, du travail en explosivité pour garder du jus. Et entre temps, un programme "fat burn", pour brûler les graisses inutiles.
Planification parfaitement orchestré par mon coach Yoh et son appli coach ifdis, que je remercie !
Niveau technique, je me suis inscrite sur des cours de jujitsu brésilien (travail au sol), puis depuis le début du mois de janvier, je suis partie sur du grappling (la même chose sans kimono) et j'ai bien entendu continuer à travailler mon Sanda dans mon club de coeur qu'est l'école shaolin tao, car le travail debout reste mon point fort !

Ma stratégie pour les sélectifs du 31/01 ? 
Travailler sur mes poings forts : pied, poing, projections. Puis dès que je suis au sol, sortir au plus vite d'une position dominée, prendre une décision dès que je touche le sol. Essayer de passer certaines techniques apprises ces 4 derniers mois.
Jouer mon jeu à savoir mettre de la vitesse, de la fréquence et de la puissance dans mes frappes. Être toujours dans la prise d'initiatives et faire confiance à ma perception.
Et bien évidemment, y aller à fond, car je n'ai vraiment rien à perdre, au contraire !!
Enfin, garder confiance en moi et mes capacités, même si je me retrouve en difficulté.




Ma 1ère compétition au coaching

Comme je l’avais dit dans un précédent article, je n’ai pas participé au championnat de France cette année. 
Mais j’y suis allée en tant que coach pour une athlète (Olivia, catégorie junior - 65 kg classe B). Un autre athlète aurait dû être de la partie, mais malheureusement, il n'a pu se présenter.

Premier retour : c’est cool d’être coach ! 
Autre chose, pas le même stress, plus de possibilités de regarder les combats, de vivre la compétition de A à Z et une autre forme d’excitation. 

Mais un coach ça consiste en quoi ? 

Le plus important est d'être là pour ses combattants, d'apporter calme et sérénité, tout en maintenant la motivation par des petits mots, des petits discours, des petits gestes ! 

C'est aussi gérer la compétition du combattant, afin qu’il soit opérationnel le jour et l’heure de son combat. Par exemple, vérifier qu’il a bien tous ses papiers (bon là je dois encore bosser), bien être au courant de l’ordre des combats pour gérer le temps (là c’est l’organisation qui devra faire mieux), retourner à l'hôtel si nécessaire : rester dans le public sur une journée complète (car pas de combat prévu) n’étant pas toujours une bonne chose car fatiguant (bruit, position inconfortable, position statique).  

C’est cadrer le combattant, le guider dans sa chauffe, dans sa façon d’aborder le combat, de l’aider à gérer le stress (si besoin), transmettre des ondes positives. 

Là, ce n’est pas forcément l’aspect technique des choses, mais l’aspect organisationnel. Ayant été de l’autre côté de la barrière, je sais que c'est agréable d’avoir un coach, qui s’occupe de tout ça et qui apporte au final une sérénité dans le sens : "c’est bon je n’ai pas à m’occuper de cela". Le combattant n’a alors qu’une chose à penser, faire son combat et gagner :) 


Il y ensuite la partie préparation du combat. 

Première chose, connaître le numéro du combat, vérifier la couleur (rouge ou noir) et faire un calcul savant, pour savoir combien de temps avant faut-il se préparer. Les combats défilent, on compte environ 6 min par combat, si le combat est le n°25, faut commencer la chauffe entre le n°10 et 15. 

La chauffe : on part à la salle de chauffe avec tout l’équipement dans la bonne couleur (pour rappel le combattant Sanda en amateur aura un casque, un plastron, des gants et des protèges tibias pieds si classe B).

Le combattant fait sa chauffe cardio seul (entre 8 et 12 min de footing, levée de genoux, talons ...). 
Ensuite, il passe à la chauffe articulaire, qu’il adapte à sa pratique -> mouvements lents de chaque coup de poing, coup de pied, technique de saisie/projection dans le vide.

Puis la chauffe sur cible (paos et pattes d’ours), d’abord tranquille puis petit à petit on monte en cardio, on accélère, on travaille des enchaînements (les points forts du combattant), qui seront utilisés pendant le combat. Le coach mouille un peu le chemise ! 

La partie «lutte», là le coach mouille vraiment la chemise !! Il est important de faire travailler les techniques de projections, qui pourront être utilisées, mais aussi les techniques de défense sur projections ou saisies de jambes.

Une petite pause s’impose. Le combattant reste toujours actif ; en sautillant sur place par exemple, en faisant des montées de genoux, en travaillant ses poings en shadow léger. Le coeur ne redescend jamais complètement.

La grosse chauffe est passée. On fait un gros point stratégie, même si celui-ci a déjà été abordé tout au long de la chauffe. Et jusqu’au combat, on refait taper le combattant sur cibles, du court mais du intense et puissant. Toujours un travail sur les points forts, on ne va pas s’amuser à se lancer dans des mouvements non maîtrisés !!

Le moment du combat approche, on se présente à l'arbitre, qui vérifie l’équipement et la taille des gants et on vient se placer près de la surface de combat (où le précédent se déroule). Là, le combattant est dans sa bulle, le coach le laisse se concentrer, lui redonne quelques conseils, les points importants de la stratégie. Et puis le combattant est appelé. On vient se placer de son coté de la plateforme, dernières phrases pour motiver, chauffer le combattant et il monte sur la plateforme. A lui de jouer ! 

Pour vous dire, j’étais peut être tout autant stressée, que si c’était moi qui combattait. C’est une sensation bizarre, les mêmes symptômes, sauf qu’on sait qu’on ne se prendra pas de coups !! On vit le truc autrement, mais on le vit quand même. C’est super excitant ! 
On est de l’extérieur, mais pas totalement, on veut tout autant gagner, parfois on a même envie de monter sur la plateforme pour aller aider son athlète !!! 

On donne les consignes, on recadre, on essaie de guider, on crie, on a des mouvements d’humeur, on regarde les coaches adverses, les arbitres pour essayer de percer un mystère quelconque :)

Les phrases suivantes sont répétées et répétées encore 
- monte ta garde, monte ta garde, monte ta garde
- déplace toi, tourne, sors de là
-l’axe, vise l’axe, c’est ouvert là, allez l’axe
- tes poings, travaille tes poings
- on se calme, sors de là, relève toi, calme toi, monte ta garde
- arrête de faire ça 
- a toi là, attaque, allez attaque, décision décision
- allez c’est pas grave, retourne y, reprend, relève toi
- c’est bien, nickel ça, bravo, au top, allez encore ça passe ça passe 
- ....

Le 1er round se termine. On connaît la décision. On redonne les consignes, on engueule s’il faut, on secoue si nécessaire, on encourage. Bon dans notre cas, c’était plutôt des encouragements quand même !! C’était ses premiers combats, premières montées sur la plateforme avec un mental d’acier contre des adversaires plus âgées et avec quelques combats en plus. La 1ère très technique, la 2nde plus bourrine, mais efficace sur un ou deux coups, et qui attendait en contre. 

Puis la fin du 2ème round, la décision finale, défaite sur les 2 combats. Mais dès la sortie, le coach est là pour féliciter, pour mettre en avant les points positifs, que les adversaires en face étaient plus coriaces, plus expérimentées.

Le combat se termine, le combattant part faire un footing de récup pour limiter les effets du lactique sur les muscles, car faut pas croire, les rounds Sanda, c’est du costaud !! 

Le coach peut souffler comme l’athlète et la pression a disparu. Les sensations sont bonnes, sentiment du travail bien fait. La défaite OK, mais quand son combattant a tout donné, la satisfaction est de rigueur !

C’était notre première compétition à toutes les 2, premiers combats pour Olivia, premier coaching pour moi et qu’une envie, repartir sur une autre compétition comme coach, mais quand même comme combattante aussi :) 

Rendez vous en mai pour ce 2ème point !!! 

La médaille de bronze d'Olivia





Jour de combat : attente, Stress et récompense

 

1ère ceinture obtenue de ma carrière, ceinture liée à la fédération anglaise de wushu.
Le résultat est la, maintenant je vous raconte ma journée !

Couchée la veille vendredi assez tôt, endormie direct et nuit nikel.
A partir de 6h (british hour) des réveils toutes les heures jusqu'à 9h ! Rien d'anormal, la tête commence a bosser de bon matin. Je m'inquiétais surtout pour la pesée qui allait avoir lieu bien plus tard dans la journée (4.30 pm) 

A 9h30 on descend au petit dej, surprise du chef, il n'est pas inclu dans le prix de la chambre et coûte un bras (16£, 21€ environ).
Mais bon cela allait être le repas le plus important de la journée ! 
Au menu, bacon, œuf, pain, salade de fruits, fruits secs, yaourt et jus de pomme ! Parfait pour tenir jusqu'à la pesée sans problème 

Petit dej avalé, petit tour autour de l'hôtel (perdu en campagne avec des prés et des chevaux autour!!)



Retour a l'hôtel, film (taken 3) histoire de me mettre dans l'ambiance et attente, attente et encore attente !! Ce fut long mais nous avons surpassé cette épreuve (une fois de plus!!!)

C'est bien là le plus compliqué. Et encore la ce n'est que sur un combat, un soir. Imaginez la même "routine" sur une semaine de championnat d'Europe ou du monde ! Encore plus complexe mais étant déjà passée par la, a force on arrive à s'en sortir !!! 

3pm, mon sponsor (la marque Sanshou Fighting Arts) vient nous chercher. On arrive (apres quelques détours et un coup de GPS) au gymnase qui est en fait dans un centre sportif, vraiment sympa.

On serre des mains, on parle anglais avec les officiels, rien d'anormal ! La aussi c'est vraiment pas la même chose qu'en championnat d'une semaine. Les mecs t'attendent car tu leur rapporte de l'argent et de la reconnaissance ! 

Pour autant ca manque encore d'organisation en Angleterre, pas de bouteilles d'eau pour les athlètes par exemple,pas de tenues réglementaires pour les combats (rouge et noir à la base mais au final c'est pas forcément ca),  mais par contre un super tatami pour la chauffe dans une belle salle en parquet. 

Je me pèse (là aussi un peu à l'arrache, entre deux, pas l'ambiance pesée que les combattants connaissent avec photos, prises de note, rien du tout ... Dommage) et me voici à 69.15 !!! 

Un grand ouf de soulagement !!

Et la de nouveau attente. Mon sponsor nous propose d'aller manger, donc on reprend la voiture et direction resto italien pour un plat de pâtes nature, histoire de prendre des forces ... A 4h de l'après midi :)
Spaghettis à l'huile d'olive, qui passent crème !!

Retour à la salle a 17h30, la soirée doit commencer dans un demi heure ! Mais bien entendu elle commencera un peu plus tard !

7 combats avant le mien, niveau pas au top, beaucoup de blessures, ou KO. Il y a un manque flagrant de préparation chez nos amis anglais ! 

Pour ma part chauffe en 3 étapes : 

1/ réveil musculaire et articulaire footing,montée  de genoux, Talon fesses, pas chassés, petits déplacements type combat, petits coups de poing dans le vide en shadow léger -> 15 mn 

PAUSE tout en restant toujours active (sautillements, shadow dans le vide) toutes les 5 min à  peu près. Jamais se refroidir.

2/ montée cardiaque : on met les gants et on travaille sur cibles en poing, en jambe. On commence à  bosser des enchaînements, à augmenter la force de frappe. Le coach conseille, dit ce qui va, ce qui ne va pas ... Quelques points stratégiques sont abordés ! 
On est en sanda, donc on chute (roulade avant, chute arrière, chute sur le côté ...) 
On travaille également la lutte (pas plus de 5mn car ça crève en moins de deux !)
-> entre 20 et 30 min.

PAUSE à nouveau. Toujours avec quelques actions toutes les 5 minutes ! Je rentre petit à petit dans mon combat, j'essaie de me concentrer, de pas trop bouger pour rien. Le coach est la pour voir les combats qui se déroulent et réadapter la chauffe si nécessaire.

Puis là mon combat approche. Dernière phase de la chauffe 

3/petit footing très souple de quelques minutes puis on remet les gants. On retravaille tous les enchaînements vus pendant la chauffe de faible à forte intensité. On refait quelques chutes. Et la ça va être bon !
Le cœur est bien remonté, les quelques instants avant de monter sur la plateforme. Quelques accélérations sur place, montées de genou, coup de pied et poing dans le vide et ça y est c'est l'heure. 
Le coach donne les dernières consignes,  motive, te chauffe mentalement parlant ! Et à  moi de jouer !
-> 10 à 15 mn avec actions très étalées et très courtes. 

On est de son côté, enlève pull, jogging (le corps est toujours resté au chaud), on remet les gants, un petit coup d'eau et c'est parti. Salut à l'arbitre, à la table principale, au public, à l'adversaire et le top départ.

Direct j'attaque, il faut montrer qui est la patronne. 2/3 coups et je sors, je pique et je sors. Je me déplace, change de garde, feinte en haut pour taper en bas, ou inversement.
Objectif : travailler l'axe qui est totalement ouvert. Coup de pied direct, coups de pied d'arrêt (l'adversaire avance tu le stoppes avez coup aux abdos), elle tombe. On se relève, elle lance quelques jambe sur le côté, je saisie je fauche et elle tombe. Et je continue, toujours en mouvement, en cercle, en reculant en avançant. Je sautille toujours, jamais pieds à plat (pas là  pour faire des course)
Elle a pas une grosse garde, et bim crochet du droit, qui touche. Elle avance, elle repose sa jambe, bim coup de poing dans l'axe. Mon coach me drive, comme un jeu de pilotage, j'entends  tout, j'applique le plus vite possible et je m'éclate. Quand je place un bon coup ou projette, le public fait ouahhh ou ohhh !  

Les 3 minutes passent très vite (aucun arrêt du temps contrairement à l'amateur) et ça  y est le round se termine. Je me suis fait plaisir. Je reviens à ma chaise, et là l'arbitre m'appelle je remonte seule sur la plateforme mon adversaire a dit stop. Un round et c'est fini. 

Pour l'expérience j'aurai souhaité faire le combat en entier ou tout du moins des rounds en plus.

Même pas fatiguée, je vais récupérer ma belle ceinture, me fait interviewée par je sais pas qui. Do you speak English me demande la nana et quand je lui répond Yes, soulagement sur son visage ! Mdr 

Je remonte et la pendant la remontée vers la salle de chauffe des applaudissements, des congratulations, very good fight, bravo (à l'anglaise). Ça fait plaisir ! En haut je retrouve Alan de la wushu sport TV que j'avais rencontré au championnat d'Europe et qui m'ont fait connaître auprès de la fédé anglaise. Il veut m'interviewer. Pas de problème, je leur doit bien ca !! 

Les questions tournent autour de la prépa physique, comment je fais, comment je me prépare. J'explique (in english please) la PPG, PPA, PPS (voir article sur blog), qu'il n'y a pas de secret, faut bosser mais dans un certain ordre ! 

On me demande mon avis sur les combattants anglais. Je réponds qu'il faut qu'ils bossent leur chauffe, ce n'est pas possible de rester assis avant un combat en attendant que ça passe. La chauffe se fait en 3 ou 4 temps et j'explique :) 

Je suis bercée dedans depuis que je suis arrivée au club (bientôt 8 ans). Cela me paraît tellement logique, que j'ai du mal a me dire que tout le monde n'a pas encore compris, que la prépa physique est la chose la plus importante et qu'elle ne se fait pas comme ça free style !! 

Pour finir la soirée, nous repartons avec mon sponsor pour un pizza hut !! Et un mojito pour moi :) on discute de la fédé anglaise, de business. Ils veulent venir prendre des cours avec moi au club. Ils savent qu'ils ont du retard et ils veulent progresser, je trouve ça très bien et j'espère qu'ils y arriveront un de ces 4. 

Super expérience pour ma part. Mais déjà fixée sur le prochain objectif de mai 2015 ! Mais je vais quand même me prendre une petite semaine de repos :) Des bobos qui reviennent de nulle part à soigner ! Rien de bien grave, mais je reste à l'écoute de mon corps. Car je veux encore qu'il tienne quelques années. 

La compétition m'avait vraiment manquée. Contente d'y être revenue :) 

Merci à tous et toutes pour le soutien.
Merci à Pierre Yves, raph, Yoh, momo mes profs et coaches ! 
Merci à mon chéri, mes parents et mes amis.
Merci à mes sparring partenaires au club. Car comme je le dis à chaque fois, sans vous je n'en serai pas la !! 







H- quelques heures avant de partir

Je pars a 17h pour Londres et mon combat de demain soir contre une anglaise Emma Delanay.

Je n'ai pas combattu depuis les championnats d'Europe de mai 2014 et mon titre obtenu contre l'italienne. 

Beaucoup de temps s'est passé donc et je pense que j'ai vraiment pu progresser dans ma boxe, mes déplacements, mon coup d'œil. Mais cette adrénaline avant de monter sur la plateforme, ce stress la veille de combattre, cela faisait longtemps et commençait à me manquer !

Cette année j'ai pris une grande décision de ne pas combattre dans ma discipline en amateur et donc de ne pas défendre mon titre de championne de France. 

Ce choix s'est fait car j'avais, d'une part envie de me mettre au pro (combat sans protections ou on te rémunère et en plus de rounds) et d'autre part, comme je l'ai dit dans mon précédent article car n'ayant aucune visibilité avec la nouvelle fédération, je ne souhaitais pas m'engager la dedans. 

Alors j'ai peut être un peu plus de stress que d'hab car cela fait longtemps que je n'ai pas combattu mais la motivation est toujours là. Je retrouve Mohamed Zahri ex coach équipe de France de Sanda sous l'égide de la FF Wushu, qui me connaît bien et en qui je peux totalement avoir confiance pour bien m'orienter pendant tout mon combat. Il a l'oeil comme on dit :)

Je ne sais que très peu de choses de mon adversaire, juste qu'elle a 32 ans, qu'elle a combattu 3 fois en MMA avec 3 défaites dont 2 par KO ou TKO. Son dernier combat remonte à novembre 2014. Elle a fait pendant de nombreuses années du Judo. Au regard des vidéos, elle manque de précision dans sa boxe et de punch, par contre elle est bonne au corps à corps. Ses déplacements sont assez linéaires (d'avant en arrière), elle manque peut être de mobilité mais reste dangereuse car elle boxe de façon assez particulière.

La stratégie du 1er round sera comme d'habitude, une bonne entrée de combat et ensuite beaucoup d'attaques en pied/poing et du déplacement. Peu de corps à corps pour pas trop m'exposer et me fatiguer. Et ensuite à la fin des 3 premières minutes, nous aurons eu le temps de voir notre adversaire et d'adapter notre stratégie en fonction.
Objectifs : efficacité, coup d'oeil, stratégie, boxer au feeling en suivant mes sensations et en ne m'éparpillant pas dans tous les sens.
Une bonne garde car pas de casque, pas de précipitation et surtout pas d'énervement si je n'arrive pas à faire ce que je veux. Et bien entendu la gagne !

Comme d'hab, j'essaierai de vous faire vivre mon déplacement de l'intérieur, alors restez aux aguets !









Le grand jour de la finale

Suite à ma victoire de la veille sur KO, me voila propulsée en finale contre une italienne. Rendez vous donc à 7h au petit déj pour départ 7h30 du gymnase. Je devrais combattre entre 9h30 et 10h30.
Un matin d'une finale n'est donc pas vraiment comme les autres, ne serait-ce que par la nuit passée, encore plus courte que les autres, qui déjà n'étaient pas super longues ! Tu te refais le combat du jour dans la tête, l'excitation, l'adrénaline puis le soulagement de la victoire n'aident pas vraiment à dormir. Tu te fais des scénarios possibles et impossibles sur le combat à venir et puis tu stresses car il y a un gros enjeu, mais tu es aussi hyper excité ! Enfin des émotions qui se battent, difficile à faire le tri :)

1/2 finale

Je combats en rouge, arrivée au gymnase, je mets la tenue, le rituel (vous connaissez maintenant !!!). Cette fois tous les finalises s'entraineront ensemble encadrés par les médecin/kiné et l'encadrement. L'échauffement sera court, juste ce qu'il faut pour ne pas se cramer, révision des enchainements comme un skieur avant sa descente. On se refait les mouvements dans la tête et en pratique. Très peu de frappes sur pao pour éviter de monter en lactique et gros footing au début pour rendre les jambes un peu moins lourdes !

Sur 18 combats prévus, 8 français(e)s. Willy en - 65 kg junior ouvre le bal et première médaille d'or de la journée ! Suivi de Bryan, qui après un premier round très bon s'écroule au 2nd puis perd le 3ème en n'ayant jamais lâché l'affaire ! Juliette fait son entrée dans 2 combats ça sera moi, elle gagne, une nouvelle médaille ! Puis au tour de Delphine qui gagne aussi, à moi de jouer, hyper stressée. L'italienne est plus grande, se déplace pas mal et a de l'expérience à l'international !

Consignes : me déplacer, travailler à l'intérieur, passer mes projections, attraper ses jambes, me relâcher, lâcher mes poings. Je gagne mon premier round à l'unanimité. Mais je suis fatiguée en sortant de là. Il va pas falloir lâcher au 2nd round.
Je dois continuer de la même façon, encore plus me déplacer pour ne pas rester dans son allonge et j'avoue que le reste est un peu flou !! La 1ère partie, je gère, mais je crame, je sens le lactique monter, et elle continue, je commence à être statique, je ne passe plus aucune projection elle m'en passe 3 mais car je lui ai donné mes jambes. J'essaie d'écouter les consignes, c'est chaud, mon corps n'est plus aussi présent même si mon mental l'est. Je me prends des patates dans la tête car je suis sans garde dès que je donne un coup de pied. Mais j'arrive aussi à passer quelques poings, quelques coups de pied au plastron, une sortie de plateforme si mes souvenirs sont bons ...

Le sifflet pour annoncer la fin du round, je sors de là cramée en me disant que j'ai perdu et que je vais devoir aller au 3ème et je sais que ça sera très dur, car avec son allonge, elle a l'avantage et elle est moins cramée. Alors que sur le combat de la veille, elle se fatiguait bien plus vite, je l'avais trouvé moins dure. Mais une finale transcende tout le monde !
Je suis dos à tous les juges, je veux pas voir la décision et là Pierre Yves me dit c'est bon tu as gagné : 2 juges donne rouge, 1 donne noir et les deux autres égalité, j'ai eu très très très chaud. Franchement, s'il y avait eu un troisième round, j'étais cuite et j'aurai fini deuxième, je n'en pouvais plus. Encore là, le lendemain du combat, je me rends compte que j'ai vraiment eu très peur de perdre si troisième round.

Le titre est à moi ! 
L'italienne très bonne athlète, très bon état d'esprit, le sourire. Merci à elle. Après coup, j'ai su que j'avais gagné avec seulement 1 point d'avance. Peut être que mon KO d'hier a marqué les esprits, peut être aussi que parce que j'étais toujours dans la prise de décision, cela a influencé les juges ou peut être rien du tout !  Je ne saurai jamais mais une chose est sure, je suis championne d'Europe, 2 ans après avoir commencé la compétition.
Une consécration, un résultat de tout le travail accompli, des heures et des heures d'entrainements, de l'abnégation, beaucoup de bonnes choses, d'autres plus mauvaises, mais c'est ça aussi le sport de haut niveau. Etre prêt à l'instant T, une finale se joue sur des détails, tout du long de la compétition, je suis restée concentrée sur mon objectif sans pour autant ne pas profiter des autres moments.



Je voudrais  remercier  mon chéri, ma mère, mon beau père, mon père, mes partenaires au club, qui me permettent à chaque cours de progresser, mon prof qui a toujours cru en moi, qui m'a poussé dès le début à faire de la compétition et qui ne m'a jamais forcé la main jusqu'à ce que je me décide, mes autres coaches Yohann, Guillaume, Raph, qui eux aussi m'ont beaucoup aidé, et l'équipe de France (athlètes comme encadrants).

Un très beau championnat se termine avec une super cohésion de groupe, un soutien irréprochable de tous les athlètes les uns envers les autres et un encadrement au top ! Une très belle aventure qui va rester quelque temps dans mes très beaux souvenirs !

5ème jour : ma demi-finale

Après une journée de repos le vendredi, place à la demi finale. Rendez vous en début d'après-midi contre une roumaine inconnue au bataillon.

Réveillée par Thomas à ma demande à 8h15 ! Nickel pour le petit dej, manger tôt pour ne pas arriver lourde et ensuquée après sachant que je ne mangerai pas le midi.
Je remonte à la chambre et décide de re-dormir jusqu'à 10h30 et par miracle j'y arrive !!!
10h30 petit réveil tranquille, le stress est bien là je le sens mais bon ça ne serait pas normal si je ne l'avais pas !!
Préparation des affaires, toujours le même rituel !! Ne rien oublier, passeport, protège dent, bandes, coquilles :)
12h départ en bus pour le gymnase. On arrive une petite demi heure plus tard tant que le chauffeur se bouge ! On s'habille et on commence la chauffe. Tout pareil que d'habitude. Le premier combat doit avoir lieu  13h30, je passe en 3ème combat juste après Delphine en - de 65 kg.

Mais non, remise des médailles taolu et une partie du sanda qui dure des plombes. On continue a bouger pour pas se refroidir et on s'en sort pas trop mal. Nous avons en plus le droit à notre deuxième Marseille après la médaille d'or de maxime en taolu main nue en début de compétition, place à Bilal Talha en junior - 56 kg qui empoche l'or après un combat mené de A à Z et qu'il termine par KO !!!

Au final la compétition commence à 14h45 facile ! ça va vite, premier combat OK, place à Delphine, première entrée dans la compétition en demi direct contre une italienne, combat qu'elle remporte en 3 rounds avec un 3ème round ou l'italienne ne savait plus comment faire pour éviter la droite de notre française et ses enchaînements !!!

Le gymnase vu de l'intérieur

Et vu de l'extérieur ! 
Le combat se termine,  les coaches changent de coté pour me rejoindre, dernières consignes rapides, un coup d'eau et c'est parti !
Ma stratégie était la suivante : bien me déplacer, travailler sur 2, 3 attaques maxi et sortir en demi cercle pour me remettre en sécurité. Elle allait tenter des low kicks, il fallait que je les saisissent à la mette au sol.
Un de mes premiers coup de poing du droit ou du gauche je ne sais plus, voila qu'elle tombe et qu'elle est comptée très rapidement. Consigne du coach, être dessus dès que ça repart ! Je continue mes enchaînements, essaie de me déplacer vite afin qu'elle ne puisse pas me cadrer. Je dois toujours être à l'initiative, décider du coup et de quand ! Je place ma jambe gauche devant à bonne distance et je me dis une fois puis deux fois, je le fais ce coup de pied retourné ou pas, je le fais ou pas, puis je décide je le place avec l'effet du pivot je prend force et vitesse et tape avec le talon direct dans son foie. Elle tombe au sol pliée en deux, l'arbitre compte jusqu'à 10 et voila que je gagne par KO, le premier de ma vie, vous n'imaginez pas le truc, je n'en reviens pas, j'ai mis un KO !! Je m'en souviendrai de celui ci en demi finale d'un championnat d'Europe !!

Me voila donc qualifiée pour la finale, place à un petit quart d'heure d'euphorie :) et après faut se remettre dedans, récupération active, petit footing puis étirements ! Je réalise que je suis bien en finale et que j'ai mis un KO ! Demain je combattrais contre l'italienne qui a battu la tchèque, déjà rencontrée en juin 2013 et battue lors du gala de Sanda. Cette italienne, je l'ai déjà vu combattre au monde puis maintenant. Plus grande que moi, ne tente pas trop de projections et fatigue assez vite. De toute façon je ne suis pas arrivée en finale pour perdre et entendre l'hymne italien (même si je l'aime bien!!), ça sera la marseillaise ou rien ! Car la 2ème place serait une énorme déception pour moi.

Enfin demain je vais faire tout ce qu'il faut pour ne pas être dans cette situation, on est en finale, l'italienne veut gagner comme moi mais je veux plus gagner qu'elle !!!

En plus de ma finale, 7 autres français auront la leur ! Demain matin sera riche en émotions ! Espérons 8 médailles d'or, ça serait un record historique ! A la team France de jouer.

Le selfie du jour, la moitié du corps dans l'eau glacée !
 Pour la récupération !! 



3ème jour et premier combat


Réveillée à 6h15 en sursaut par le coach qui m'annonce qu'au final je combats cet après-midi à 13h30, la journée commence une fois de plus tôt et contre mon gré cette fois :) !!

Une organisation qui laisse un peu à désirer mais bon que faire, comme dit notre DTN soit on pleurniche, soit on s'adapte et la 2ème solution est toute choisie !! 

Malgré tout, j'essaie de me rendormir en me disant petit dej à 9h. J'arrive donc plus ou moins à me rendormir je me lève, descends, il est 9h09 ! Le petit dej se terminait à 9h !! La loose ... Heureusement que j'avais fait quelques courses hier, petit dej aux cookies, pompote, barre de céréales et jus de pêche !!! 

Stressée toute la matinée, difficile à gérer. Jusqu'ici toutes mes entrées de compétitions internationales, je les avaient perdues, alors j'étais pas au top. Heureusement le chéri était pas loin par l'application "what's app" permettant d'envoyer des sms gratuitement à partir du moment ou une connexion wifi est présente ! 
Je me prépare donc pour 12h, heure de la navette. Je serais en noir. Rituel habituel : tenue, gants pour l'échauffement, protège dent, coquille haut et bas, change ... A force je commence à être rodée !

Entrainement type compétition : montée du cardio sur 8/10 min par footing, montée de genoux, sauts groupés, en extension, pas chassés, petites accélération ... Suivi d'un entrainement spécifique avec les gants, en gros révision de nos gammes d'abord lentement, sur place, puis en déplacement et on monte petit à petit. Pause puis entrainement à la frappe sur pao, retrouver les sensations, prendre confiance à en sa force de frappe et ensuite maintien de l'état chaud du corps jusqu'au combat. 

Le combat commence, premier round, mes consignes : rentrer directement dès le début du combat, ne pas laisser la place au doute et montrer à l'adversaire que l'on est bien présent, ensuite retrouver son calme, sa perception, son déplacement pour pas partir dans tous les sens !! Mes enchainements se font bien, j'attrape ses jambes quand elles arrivent, je place 3, 4 attaques et je me déplace. J'essaie de jouer à distance courte et distance longue avec un peu de travail de coup de pied au plastron. Mon but est de faire mal avec mes poings ce que j'ai pas trop mal réussi ! Très contente de ce premier round que j'ai maitrisé, j'étais posée dans ma boxe et ça fait très plaisir. Les 5 juges me donnent le round. 

Deuxième round : on repart, je baisse un peu de régime, j'ai plus de mal dans mes projections, je manque de relâchement, mais je reste tout de même posée dans mon combat, je ne m'excite pas pour rien, je veux rester lucide et pouvoir placer mes frappes dans le bon timing et avec la bonne précision et force. Mon adversaire commence à fatiguer, faut dire qu'elle encaisse quand même des coups à la tête à répétition mais elle ne lâche pas, normal une place en 1/2 se joue ! Mais ça ne suffira pas, en suivant a la lettre les consignes genre mon coach à la manette et je suis le personnage du jeu :) je gagne à l'unanimité le round et donc le combat ! 2 rounds, c'est ce qu'il fallait pour bien entrer dans la compétition.
Un gros stress tombe même si je le sentais quand même plus trop dès mon 1er coup porté !!! 
4 victoires ce matin des partenaires, je continue dans la lignée, ouf ! 

Retour au calme, a la récupération active pour faire tomber le lactique et aux étirements pour limiter les courbatures. La route est encore longue pour la finale, mais j'ai déjà fait un petit pas. 
Ne pas s'enflammer, rester concentrée, là est le principal. 

Après un repas bien mérité, petite réunion, le staff est très contente de nous mais nous rappelle que la compétition ne fait que commencer et qu'il faut rester dedans car l'objectif c'est l'or ! 

Le réfectoire !
Mais il faut avouer qu'avec deux médailles (or et argent) en Taolu et 7 victoires sur 7 en Sanda, l'équipe baignait dans une certaine euphorie. Une équipe de France solidaire, une super cohésion de groupe et une très bonne ambiance. Pour le moment ma meilleure compétition à ce niveau là depuis 2 ans. L'alchimie junior/senior avec des personnages délirants mais attachants fait vraiment du bien et c'est très agréable de faire partie de cette aventure.

La vue pendant la réunion, c'est joli la Roumanie sous cet angle !!

Séance tape pour drainer les bleus, le résultat !